I Become My Son's First Love

Alors, voilà. Je suis tombée amoureuse. Éperdument. Complètement. Et le pire (ou le meilleur, ça dépend du point de vue) c'est que c'est avec mon fils. Bon, attention, pas comme vous l'imaginez ! Disons plutôt que j'ai eu le rôle principal dans sa première romance, son premier béguin, son premier "maman, tu es la plus belle du monde" qui fait fondre le cœur. Oui, je suis devenue, à mon insu, sa première véritable passion.
Au début, c'était mignon. Un petit garçon qui colle à sa maman, qui veut des câlins à gogo, qui imite tout ce que je fais. Rien d'anormal, me disais-je. Tous les enfants passent par là. Mais petit à petit, c'est devenu... intense. Genre, si je mettais du rouge à lèvres, c'était "Maman, t'es trop belle ! Je veux t'épouser !". Si je portais une robe, il me faisait une révérence digne d'un prince charmant. J'étais sa princesse. Sa reine. Son trésor. Et moi, je pouffais de rire en pensant que ça allait passer. Que c'était une phase. Mais la phase a duré. Et elle a pris des proportions épiques.
Quand la jalousie s'en mêle
Le moment le plus drôle (enfin, drôle maintenant, sur le coup, c'était un peu moins marrant) a été quand mon mari a essayé de me prendre dans ses bras. Mon fils, du haut de ses quatre ans, s'est interposé, les poings serrés, en hurlant : "Non ! C'est MA maman !". On aurait dit un remake miniature de Gladiator, sauf qu'au lieu de se battre pour l'empire romain, il se battait pour mon affection. Mon mari, bon prince, a reculé en riant, mais j'avoue que j'étais un peu gênée. Et fière aussi, il faut bien l'avouer. J'étais l'objet de toutes les convoitises ! (Même si ces convoitises étaient un peu trop... filiales.)
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Les cadeaux aussi étaient mémorables. Des cailloux "précieux" ramassés dans le jardin, des dessins gribouillés (mais toujours avec un cœur énorme à côté de mon visage), des fleurs fanées cueillies avec amour. Chaque présent était accompagné d'une déclaration enflammée, digne des plus grands romantiques. J'avais l'impression de vivre dans une comédie romantique, sauf que le héros avait des couches et adorait regarder des dessins animés de voitures.
Comment gérer cette "passion"
Alors, comment on gère une situation pareille ? Avec beaucoup d'humour, beaucoup d'amour, et surtout, beaucoup de patience. Il a fallu lui expliquer, avec des mots simples, que oui, je l'aimais plus que tout au monde, mais que j'aimais aussi son papa, et que l'amour, ce n'est pas une compétition. Que même s'il était mon petit prince, il ne pouvait pas m'épouser. (Grosse déception à l'horizon.)

Finalement, la phase est passée. Aujourd'hui, mon fils est un adolescent (presque) normal. Il a d'autres préoccupations que de me couvrir de cadeaux et de déclarations d'amour. Il a des copains, des jeux vidéo, et... euh... des filles (chut !). Mais de temps en temps, quand il pense que personne ne l'entend, il me glisse encore un "Maman, t'es la meilleure". Et là, je sais que même s'il a grandi, au fond de son cœur, je reste un peu sa première grande histoire. Et ça, c'est un sentiment absolument incroyable.
Alors, à toutes les mamans qui se sont retrouvées dans cette situation cocasse : profitez-en ! Parce que ça ne dure qu'un temps. Et c'est un souvenir précieux, un moment de pure tendresse et de folie douce que vous chérirez toute votre vie. N'oubliez pas, vous êtes les
premières amours de vos enfants.Et ça, c'est un rôle qu'on ne vous enlèvera jamais.
