My Second Husband Is Desperate And Depressed Scan Vf

Mon deuxième mari, disons, il collectionne les bizarreries. Pas les timbres, ni les pièces de monnaie. Non, non, il s'est spécialisé dans le "Scan Vf", ce qui, pour ceux qui ne connaissent pas ce jargon (et croyez-moi, avant lui, j'étais une parfaite ignorante), désigne des versions numérisées de bandes dessinées, souvent en français. Et désespéré? Déprimé? Disons qu'il a ses moments... qui coïncident souvent avec la découverte d'une "perle rare" sur un obscur forum.
Au début, j'étais perplexe. Des heures passées devant un écran, à scruter des cases de BD, souvent illisibles? Est-ce bien raisonnable? Mais petit à petit, j'ai commencé à comprendre. Ce n'est pas juste une question de lecture. C'est une chasse au trésor! Une quête du Graal de la BD underground! Et mon mari, Jean-Pierre (nom d'emprunt pour protéger sa vie privée et son addiction), est Indiana Jones avec une souris d'ordinateur.
Et puis, il y a le côté social. Il participe à des forums en ligne, des communautés où les passionnés échangent, discutent, se chamaillent sur la qualité du scan, la pertinence de la traduction... J'ai même surpris un débat passionné sur le choix de la police de caractères pour les bulles! C'est un monde à part, avec son propre langage, ses codes, ses héros et ses vilains. Jean-Pierre, lui, est un peu les deux. Un héros quand il déniche un scan introuvable, un vilain quand il monopolise l'ordinateur pendant des heures!
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Les crises existentielles liées aux Scan Vf
Les moments de désespoir arrivent quand il ne trouve pas ce qu'il cherche. "'Mais où est donc ce fameux numéro 37 de 'Les Aventures de Tonton Georges en Afrique du Sud' en Scan Vf?!"' s'écrie-t-il, dramatique. Il erre dans la maison, l'âme en peine, pestant contre l'absence de rigueur des scanneurs amateurs. C'est là que j'interviens, avec une tasse de thé et quelques encouragements. "Courage, mon chéri, le numéro 37 finira bien par se montrer!" Et généralement, ça marche. La perspective d'une boisson chaude et d'un peu de réconfort le remotivent à reprendre sa quête.
Une passion contagieuse?
Je dois avouer que, à force de le voir faire, je commence à m'y intéresser moi aussi. Il m'a initiée à quelques classiques, des BD que je n'aurais jamais découvertes autrement. Et puis, il y a le plaisir de le voir heureux, de le voir s'épanouir dans sa passion. Même si parfois, j'aimerais qu'il s'épanouisse un peu moins devant son écran et un peu plus devant... moi!

Le plus drôle, c'est quand il essaie d'expliquer à nos amis ce qu'est le Scan Vf. Leurs yeux se vitrent instantanément. C'est un sujet clivant. Soit ils sont complètement fascinés, soit ils le prennent pour un fou. Jean-Pierre, lui, s'en moque. Il sait que seuls les initiés peuvent comprendre.
Finalement, je me dis que chacun a ses petites obsessions. Et si celle de mon mari, c'est de traquer des scans de BD, eh bien, je l'accepte. Après tout, il ne boit pas, ne fume pas, et il est relativement inoffensif. Et puis, ça fait une bonne histoire à raconter. Et qui sait, peut-être qu'un jour, je deviendrai moi aussi une pro du Scan Vf. Après tout, on ne sait jamais ce que l'avenir nous réserve! En attendant, je vais lui préparer une autre tasse de thé. Il a l'air particulièrement désespéré aujourd'hui. Il est à la recherche du "Scan Vf" perdu d'un obscur numéro hors-série de Pif Gadget. La chasse est ouverte!
