Note Musique Pour Page De Garde

Ah, la musique pour page de garde. On en a tous entendu, qu'on le veuille ou non. C'est un peu comme la pub du dentifrice à 3 heures du matin : tu ne l'as pas demandée, mais elle est là, bien présente, et tu ne peux rien y faire.
Imagine, tu appelles ton fournisseur d'accès internet, parce que, comme d'habitude, ta connexion rame plus qu'un escargot sous Prozac. Tu t'attends à un message te disant "Veuillez patienter, tous nos conseillers sont occupés à répondre à d'autres personnes tout aussi désespérées que vous". Et là, bam! Une mélodie. Une mélodie entêtante, qui te transperce le cerveau et s'y loge pour la journée.
C’est quoi cette musique ? Souvent, c’est une composition instrumentale. Un truc générique, sans paroles, histoire de ne pas froisser les sensibilités. On dirait parfois une sonnerie de téléphone des années 90, remixée par un étudiant en musique qui avait visiblement trop de café et pas assez de sommeil.
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Parfois, c'est du classique édulcoré. Un extrait de Mozart, mais tellement compressé et maltraité que le pauvre Wolfgang Amadeus se retourne dans sa tombe. On se demande s'ils ont mis le stagiaire en charge de la qualité audio. "Tiens, Jean-Michel, optimise ça, qu'on entende bien les grésillements!"
Mais pourquoi, pourquoi diable nous inflige-t-on ça ? Est-ce que c’est pour nous apaiser ? Pour nous faire oublier que l’on va passer 45 minutes à attendre, le téléphone collé à l’oreille, en pestant intérieurement contre l'obsolescence programmée de nos appareils ?

Honnêtement, je pense que c'est un peu de ça. C’est une tentative maladroite de rendre l’attente moins pénible. Un peu comme mettre un sucre dans un médicament amer. Sauf que, dans ce cas, le sucre a le goût de vieux synthétiseur.
Les différentes écoles de musique d'attente
Il y a plusieurs écoles, en fait. Il y a l’école "ascenseur", avec une musique douce et planante, qui donne l’impression qu’on est bloqué entre le 3ème et le 4ème étage. C'est soporifique au possible. On a presque envie de faire une sieste, le téléphone à l’oreille.
Il y a l’école "new age", avec des sons de flûte de pan et des bruits de ruisseau. On se croirait dans un centre de relaxation pour cadres stressés. Ça marche peut-être sur certains, mais sur moi, ça me donne juste envie de partir en randonnée, loin, très loin de la civilisation… et de ma connexion internet défaillante.
Et puis il y a l’école "techno ringarde", celle qui te balance des boucles électroniques à te faire grincer des dents. Là, c’est l’effet inverse : tu es tellement énervé par la musique que tu finis par hurler sur le conseiller dès qu’il décroche. Mais au moins, tu as eu une bonne raison d’être de mauvaise humeur !
En fin de compte, la musique de page de garde, c’est un peu comme le chewing-gum qu’on te propose chez le dentiste : on sait que ce n’est pas une solution miracle, mais on accepte quand même, en espérant que ça aide à supporter le moment. Et parfois, très rarement, on tombe sur une mélodie sympa. Mais il ne faut pas trop y compter.
