Page De Garde Cahiers Cm

Ah, la rentrée! L'odeur des crayons neufs, le crissement du papier... et bien sûr, le moment crucial de la page de garde du cahier! Qui s'en souvient, des Cahiers CM ? Plus qu'un simple espace vide, c'était un véritable terrain d'expression, un défouloir artistique autorisé (et parfois, toléré).
On avait tous nos techniques. Certains optaient pour la sobriété : un nom calligraphié, une matière soigneusement écrite, un filet discret. C'étaient les sages, ceux qui rendaient leurs devoirs sans ratures et dont les parents félicitaient la maîtresse à la sortie de l'école. On les enviait un peu, secrètement, mais on les trouvait aussi un peu... ennuyeux. Avouons-le.
Et puis, il y avait les autres. Ceux pour qui la page de garde était un champ de bataille. La guerre des feutres, la lutte contre les débordements, la course à l'originalité... Imaginez un peu : un paysage volcanique dessiné à la hâte en cours de géo, un portrait (plus ou moins ressemblant) du professeur de maths transformé en caricature, des motifs psychédéliques dignes d'un album des Beatles... La page de garde du cahier devenait une œuvre d'art éphémère, un témoignage vibrant de l'énergie débordante de la jeunesse.
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Se souvient-on des motifs qui cartonnaient ? Les logos de nos marques préférées, bien sûr. Adidas, Nike, mais aussi les logos des groupes de musique que nous adorions (ou feignions d'adorer pour impressionner les copains). On s'essayait même parfois à reproduire des personnages de mangas ou de jeux vidéo, avec plus ou moins de succès. Disons que le résultat était souvent... personnel.
Et comment oublier les citations philosophiques (ou pseudo-philosophiques) recopiées à l'encre bleue ? Des phrases inspirantes (ou supposées telles) glanées dans les magazines ou entendues à la radio. "Il faut toujours viser la lune, car même en cas d'échec, on atterrit dans les étoiles". Ou quelque chose d'approchant. On se sentait tellement profonds!

Le drame du correcteur
Mais la page de garde n'était pas sans risque. Le moindre faux pas, le trait de feutre malencontreux, la tache d'encre rebelle... et c'était la panique. On sortait alors l'arme fatale : le correcteur. Ah, le correcteur! Ami et ennemi à la fois. Il effaçait nos erreurs, certes, mais il laissait aussi une vilaine trace blanche, visible à des kilomètres. Et quand on en abusait, la page de garde ressemblait plus à un champ de neige qu'à une œuvre d'art.
Pourtant, même avec ses défauts, même avec ses ratures et ses débordements, la page de garde de nos Cahiers CM avait un charme fou. Elle était le reflet de notre personnalité, de nos passions, de nos rêves d'enfant. Elle était le symbole d'une époque, d'une insouciance révolue.

Et si, au fond, c'était ça la vraie beauté de la page de garde? Sa capacité à nous ramener en arrière, à nous rappeler ces années où l'on prenait le temps de dessiner, de rêver, de s'exprimer, sans se soucier du regard des autres.
Alors, la prochaine fois que vous croiserez un vieux cahier, feuilletez-le. Regardez attentivement sa page de garde. Vous y trouverez peut-être un trésor oublié : un souvenir d'enfance, un éclat de rire, un fragment de vous-même.
