Page De Garde Classe Bleue

Soyons honnêtes, la page de garde Classe Bleue. Avouez-le, on l'a tous redoutée. C’était le summum de l’artisanat douteux et des batailles perdues d’avance contre les feutres qui bavent.
Le cauchemar multicolore
Ah, ces fameuses consignes ! Toujours plus précises, toujours plus alambiquées. "Illustre ton livre de lecture avec… une métaphore visuelle du sentiment de l’automne." Sérieusement ? À sept ans, on savait à peine ce qu'était une métaphore, alors la "visuelle" !
Résultat : un dessin qui ressemblait plus à une explosion de peinture dans une usine de bonbons qu'à une œuvre d'art inspirée. Et la maîtresse ? Elle hochait la tête d’un air entendu, probablement en se demandant où elle s'était trompée.
Must Read
Quand la perfection n'était pas une option (sauf pour Sophie)
Il y avait toujours Sophie. Vous voyez, Sophie ? Celle dont la page de garde était toujours impeccable. Les couleurs parfaites, le titre écrit dans une calligraphie digne d'un moine copiste. On la soupçonnait d'avoir des parents graphistes qui travaillaient en secret la nuit. Ou peut-être qu'elle avait un pacte avec le diable des gommettes.
Nous, pendant ce temps, on bataillait avec une gomme qui trouait le papier à chaque tentative. Le résultat ressemblait plus à un champ de bataille qu'à une présentation de livre. Et on se disait : "Bah, au moins, c'est original !"

Le règne de la typo douteuse
La police d'écriture… Parlons-en ! On avait droit à des polices plus ou moins inspirées, genre "Comic Sans MS" avant l’heure. Des lettres rondes, des lettres qui dansent, des lettres avec des petites étoiles à la place des points sur les "i". Bref, un festival de mauvais goût typographique.
Et l'orthographe ? Un véritable terrain de jeu pour les erreurs. "Le p’tit prinse" à la place du "Petit Prince". "Matilda" écrit avec deux "L", parce que pourquoi pas ? La maîtresse devait avoir le correcteur orthographique intégré dans le cerveau.

Les techniques interdites (mais tellement tentantes)
Le décalquage. Avouez-le, vous l'avez tous fait au moins une fois. Surtout pour Harry Potter ou Pokemon. C’était tellement plus simple que d’essayer de dessiner un Pikachu de tête. Bon, on se faisait toujours repérer à cause du trait trop appuyé, mais l’espoir fait vivre, n’est-ce pas ?
Et les gommettes ? Le Saint Graal de la décoration facile ! On en mettait partout, sans aucune logique. Des étoiles, des cœurs, des dinosaures… Un vrai carnaval de l’adhésif. Et après, on se plaignait que la page ne tenait pas sur le cahier. Étonnant, non ?

Un souvenir… attendrissant ?
Aujourd'hui, en y repensant, ces pages de garde Classe Bleue ont un charme un peu… particulier. C'est le reflet d'une époque, d'une innocence. C'est la preuve qu'on a tous été un peu maladroits, un peu brouillons, mais toujours créatifs.
Alors, la prochaine fois que vous retrouverez une de ces reliques dans le grenier, ne la jetez pas tout de suite. Regardez-la, souriez, et rappelez-vous : l’important, c'est de participer (même si Sophie avait toujours la meilleure note).
